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Inventaire général du patrimoine culturel en région Picardie

L'inventaire général du Patrimoine culturel de Picardie recense, étudie et fait connaître le patrimoine urbanistique, architectural et mobilier de la région.

A la une

Visite jeu du quartier Saint-Maurice à Amiens

Dans le cadre de CONNEXIONS- les rencontres du numérique en Picardie, la direction de l’Inventaire et du patrimoine culturel a imaginé une visite-jeu du quartier Saint-Maurice d’Amiens.

A l’aide d’un parcours de jeu disponible au centre de documentation et d’un appareil mobile sur lequel vous pourrez télécharger un document numérique de visite, partez à la découverte d’un ancien faubourg d’Amiens.

Du 18e au 20e siècle, ateliers, fabriques et usines, dont de nombreuses teintureries, ont fait vivre le quartier. Nous vous proposons une balade et un jeu pour redécouvrir les traces, parfois discrètes, qu’elles ont laissées. A vous de jouer !

Télécharger le document numérique de visite sur votre appareil mobile.

 

 Horloge astronomique Beauvais



 La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, son quartier canonial

et son mobilier.

Découvrez les 3 dossiers architecture : le quartier canonial, la Basse-Oeuvre, la cathédrale et les 491 dossiers objets (décor mobilier, tapisseries, ornements liturgiques, trésor de la cathédrale...)

Lumière sur

Les usines d'extraction du bassin creillois

Les sous-sols de la Communauté de l'Agglomération Creilloise, de la communauté de communes Pierre Sud Oise et de la communauté de communes de Pays d'Oise et d'Halatte sont riches en calcaire utilisés comme pierre de taille et moellons (sur des terrains du Lutétien supérieur, inférieur et du Bartonien inférieur formés il y a environ 45 millions d'années). Ce calcaire a été exploité dans de très nombreuses carrières souterraines et également à ciel ouvert, les plus anciennes remontant à l'occupation romaine. De nombreuses découvertes archéologiques dans le sud de l'Oise viennent confirmer la présence d'une activité d'extraction soutenue dès le 1er siècle avant notre ère (découverte d'un chantier de taille et du quai d'un port fluvial à Saint-Maximin, arènes de Senlis).

Après une période de déclin entre le haut Moyen Age et le 9e siècle (fabrication de sarcophages visibles notamment à Montataire), l'activité connaît un renouveau à partir du 12e siècle grâce à l'exploitation souterraine puis à nouveau à la fin du 17e siècle. Le mouvement d´extraction s'amplifie à la charnière des 18e et 19e siècles sur l´ensemble du territoire du bassin creillois, et plus généralement dans les environs de Paris. Il est consécutif à un arrêté de 1776 qui interdit l´ouverture de nouvelles carrières dans la capitale. Les centres actifs d'exploitation se situent sur les communes de Saint-Maximin, de Saint-Vaast-les-Mello et de Nogent-sur-Oise. La pierre extraite dans des carrières à ciel ouvert est principalement destinée à la restauration. Mais l'ensemble des autres communes recensées (Cramoisy, Creil, Montataire, Laigneville, Monchy-Saint-Eloi, Nogent-sur-Oise, Pont-Sainte-Maxence, Rieux, Saint-Leu-d'Esserent, Thiverny, Verneuil-en-Halatte, Villers-Saint-Paul) possèdent des témoignages de cette activité (fronts de tailles, galeries souterraines, quais de chargements, réseau ferré reliant les carrières aux gares, habitat troglodytique). Plusieurs sites désaffectés comme les Glachoirs à Saint-Vaast-les-Mello et les Larris à Saint-Maximin sont utilisés pour l'escalade, les fronts de taille présentant de nombreuses prises horizontales et verticales (fissures, cannelures et fentes) pour les grimpeurs.

Les carrières à Creil :

Les carrières de pierres tendres de Creil sont exploitées abondamment à partir du 18e siècle, mais il est probable que l'extraction remonte à l'époque gallo-romaine. Le plan masse du cadastre napoléonien de la ville, levé en 1809, représente plusieurs excavations creusées dans le tuf appelées cavées (cavée de Paris le long de l'actuelle rue Léon-Blum et cavée de Senlis ou de Creil le long de la rue Robert-Schuman et des rues des Tufs). L'extraction de la pierre en galeries souterraines reste dominante jusqu'en 1830 environ, époque à laquelle l'extraction à ciel ouvert est souvent préférée pour des raisons de sécurité. Ainsi Nicolas Martin Lambert exploite à partir de 1828 une carrière souterraine située cavée de Senlis pour extraire de la pierre à bâtir. Il est précisé que la largeur de l'atelier ne doit pas dépasser 5 mètres sur 7 mètres de lit et que la voûte d'ogive formant le ciel de la carrière doit être préservée. En mars 1832, l'exploitation souterraine cesse brutalement à la suite de l'effondrement du ciel des galeries. Nicolas Martin Lambert poursuit néanmoins son activité à proximité, mais à ciel ouvert sur les restes d'une ancienne carrière éboulée. Au début des années 1830, la ville recense deux carrières "à découvert" et deux carrières souterraines : elles sont exploitées pendant l'hiver par trois ou quatre ouvriers payés 2.50 francs la journée. En 1859, cinq exploitants travaillent à la fois sur des carrières souterraines et à ciel ouvert. A la fin des années 1860, on en recense 6 dont celles de Louis Nicolas Doré, exploitant d'une carrière à ciel ouvert à la cavée de Paris (banc de pierre de 6 mètres d'épaisseur), Charles Nicolas Berge, entrepreneur de maçonnerie exploitant une carrière de pierre dite vergelée (citée dans l'Encyclopédie Diderot et d'Alembert, la pierre de vergelée est une pierre tendre résistante à l'humidité ; son exploitation se situe surtout sur la commune de Saint-Leu-d'Esserent) à ciel ouvert à la cavée de Senlis, et Prosper Désiré Dessens, également entrepreneur de maçonnerie, exploitant une carrière à ciel ouvert au lieu-dit "au dessus des tufs". Au milieu des années 1870, les produits issus de l'extraction se diversifient : carrière de pierre couplée à des fours à chaux (exploitation Ricart, 1876) ou à l'extraction du sable quartzeux pour les verreries de Creil (exploitation d'Hippolyte Lagand au Plessis-Pommeraye sur un sol riche en sable quartzeux). Les pierres extraites sont acheminée jusqu'à la gare de marchandises de Creil par le chemin des Pierres (appelé parfois chemin de la Grue, actuellement rue des Pierres) ouvert au milieu des années 1850. Les exploitations cessent progressivement au début du 20e siècle mais se poursuivent dans les communes voisines de Montataire, Saint-Maximin et Saint-Leu-d'Esserent. Durant les deux guerres, notamment lors de la mise en place du plan de défense passive, recensant entre autre les lieux de replis, les carrières servent d'abris. Le commissaire de police précise dans une lettre adressée au sous-préfet de Senlis en 1935 que la ville de Creil "jouit d'un certain privilège, celui des tufs où de nombreux abris ont été crées dans la montagne, ils existent toujours et peuvent recevoir douze à quinze cents personnes". Avec l'expansion urbaine des années 1970, les anciennes carrières ont été comblées. L'étude d'inventaire a permis de recenser 10 carrières à ciel ouvert abandonnées. Quelques fronts de taille subsistent encore le long de l'ancienne cavée de Senlis et au lieu-dit les Larris : ces fronts de taille portent la marque d'une extraction mécanique. La toponymie conserve également la trace de ces carrières : l'appellation "cavée" est ainsi courante pour plusieurs rues et passages à Creil. L'allée des tufs, le chemin de Fleurines (failles dans la roche), le passage des carrières ou l'impasse des carrières, situés dans la zone des anciennes exploitations sont également un témoignage de cette activité. Enfin, des habitations troglodytiques sont encore visibles le long de la rue des Tufs et du chemin du Stand : elles abritaient une population ouvrière notamment des ouvriers de la faïencerie de Creil.

Les carrières à Montataire :

Les carrières de pierre de Montataire sont localisées sur le versant ouest du plateau calcaire de la vallée du Thérain. Les sources mentionnent les premières exploitations au début des années 1820 mais elles sont sans doute antérieures. L'étude a permis de recenser 6 carrières souterraines dont 4 abandonnées, 9 carrières à ciel ouvert dont 7 abandonnées et une champignonnière (installée dans une ancienne carrière souterraine). Les carrières à ciel ouvert sont situées dans la cavée des Aiguillons (Brachard, 1871 ; Bordes 1875), à Flageolle (Louis Noël Cléret, 1867 ; Ismérée Campion, 1867), au lieu-dit les Petits Murs et le Fief (Claude Péroche, 1869 ; Félix Civet, 1867). Les carrières souterraines se regroupent autour du quartier de Gournay (2) et au lieu-dit les Petits-Murs. L'exploitation s'effectuait au moyen de poudre de mine, même si l'usage de la dynamite (fabriquée à Paulilles dans les Pyrénées Orientales) a parfois été testé comme en 1871 dans la carrière Brachard.

Les carrières à Nogent-sur-Oise :

De part la nature géologique de son sol, le territoire de Nogent-sur-Oise renferme de nombreuses matières premières. Le cadastre napoléonien fait d´ailleurs état de plusieurs toponymes en lien avec ces activités : les cailloux, les pierres Besnard ou les blancs limons. Les carrières de pierre de Nogent-sur-Oise sont situées sur le versant est du plateau de la vallée de la Brèche. Ce sont des carrières à ciel ouvert dont 7 sont encore en activité (carrière Violet) et 3 sont à l'abandon. L´extraction de la pierre sur le plateau de Nogent est attestée par sources écrites dès 1820 environ. On trouve à la fois des carrières souterraines exploitées autour de « piliers à bras » formés de blocs de pierre superposés, et des carrières à ciel ouvert. Les deux types d´exploitation coexistent bien que les archives ne précisent pas toujours s´il s´agit d´une carrière souterraine ou d´une carrière à ciel ouvert. La pierre est utilisée au 19e siècle comme pierre à bâtir, mais aussi pour l´entretien des routes et des chemins, elle entre également dans la composition de la chaux. Les principaux lieux d´exploitation sont concentrés autour de ce que l´on appelle les cavées : cavée Malamain ou friche du Retiro exploitée à partir de 1833 ; cavée de Saussy ou cavée Burton ; la carrière du Clos-Cornu ; cavée des Granges. Cette dernière cavée dessert aujourd'hui la carrière à ciel ouvert Violet : elle couvre une superficie de 14 ha et emploie 14 personnes Elle fournit principalement des blocs de pierre pour les immeubles de la région parisienne. Les principaux patronymes que l´on trouve à Nogent au 19e siècle et qui sont attachés à cette activité sont les Dervieux, les Wattebled, les Alexandre, mais encore les Carpentier, les Fourniquet et les Petit. L´extraction de la pierre apparaît donc comme une réalité paysagère parfois dangereuse qu´il faut sécuriser (un arrêté est pris en août 1844 pour « empêcher le public de tomber dans les carrières » car les "carrières ne sont pas garnies d´une barricade en bois ou en moellons et présentent un danger pour les personnes qui parcourent la grande plaine"). C'est également une ressource inépuisable qui fournit en temps de chômage du travail aux nombreux ouvriers du bassin, notamment aux ouvriers faïenciers ou tôliers. C´est le cas notamment durant la guerre de 1870 où l´usine des Forges à Montataire et celle de Levêque à Creil sont fermées provoquant la mise au chômage de 134 familles. Le conseil municipal prend la décision d´ouvrir « des carrières pour l´extraction de cailloux afin qu´aucun ouvrier ne reste sans travail et puisse supporter les charges auxquelles chacun est exposé par suite de l´invasion ». Les familles de carriers nogentaises vont, au fil des générations, abandonner progressivement l´activité d´extraction de la pierre pour exploiter la terre argileuse des limons. La famille Alexandre possède ainsi en 1880 en plus de sa carrière et de son four à chaux (la chaux provient de certains bancs dits banc vert de fond de couche) une briqueterie. On peut s´interroger sur cet arrêt plutôt brutal de l´extraction de la pierre intervenant entre 1900 et 1920, qui est probablement lié à un appauvrissement ou un affaiblissement des bancs de pierre. Après la première guerre mondiale les pierres proviennent de Belgique (syndicat des carrières de Lessines) et des carrières du Tremblay près de Creil (silex gréseux résistant et moins coûteux). Les carrières servent également à partir des années 1960 de dépôt de déchets : c´est le cas de la carrière du Clos Cornu qui est utilisée à partir de 1965 par la société Chausson installée sur la commune voisine de Montataire pour déverser ses chutes de simili cuir, de papier, de cartons, de résidus peinture et de caoutchouc.

Les carrières à Villers-Saint-Paul :

Sur la commune de Villers-Saint-Paul les 7 anciennes carrières à ciel ouvert (abandonnées) ont été localisées le long du chemin de la Garenne. En 1809, le cadastre napoléonien mentionne une carrière située le long de ce chemin et qui selon les sources serait exploitée depuis 1785. En 1825 l´état des exploitations des carrières situées à Villers-Saint-Paul mentionne toujours cette carrière exploitée par Louis Landot de Brenouille, qui vient de l´acquérir et qui demande la continuation de l'exploitation de l'extraction de cette pierre calcaire. Cette carrière est en réalité exploitée par plusieurs familles dont la famille Camus pendant près de 50 ans, puis Chambrelant (1878), Derollepot (1883 à 1894) et Rottée. L'extraction reste avant tout destinée au pavage des rues mais il n'est pas rare que la pierre de Laigneville ou celle d'Angicourt soit préférée à celle de Villers. Parallèlement à l'extraction de pierres et de cailloux (Godard 1909), coexiste une carrière de sable exploitée par Dufour en 1909 et qui sera reprise par Brézillon à partir de 1960 et jusqu'au début des années 1980. Une végétation spontanée a aujourd'hui envahie les anciens sites d'extraction.

Les carrières à Saint-Maximin

Six carrières de calcaire à ciel ouvert sont en activité dont cinq sur la commune de Saint-Maximin. La plus vaste, située sur les communes de Saint-Vaast-les-Mello et Montataire et qui couvre 120 ha a fermé à la fin des années 2000. La pierre extraite de ces carrières est utilisée pour ses diverses qualités, principalement pour la restauration des Monuments historiques. Le liais de Saint-Maximin est utilisé pour le revêtement, les soubassements, les appuis et les corniches, la « roche franche construction » et la « roche construction » sont utilisées pour l´élévation des murs et les revêtements tandis que le Saint-Leu est plus approprié pour les élévations seules. La coupe d´une carrière présente sur une vingtaine de mètres d´épaisseur, une diversité de pierre de la plus fine à la plus compacte, de la plus coquillée à la plus dure. La pierre est parcourue de fissures naturelles horizontales (délits) et verticales (filières).

Le trou du Tropique, à Saint-Maximin

Le trou du Tropique est le résultat d'un fontis c'est-à-dire d'une dégradation du ciel de la cavité et des terrains supérieurs. Il date au moins du 18e siècle puisqu'à cette époque un arbre est planté au bord du trou et sert de repère pour un cadran solaire réalisé par les carriers.Le trou du Tropique est entouré de plusieurs entrées de carrières souterraines et de plusieurs habitations troglodytiques transformées aujourd'hui en caves. Un chemin de grande randonnée (le GR11) passe sous le fontis mais la roche étant fragilisée, un arrêté municipal de 2000 a fermé le passage. L'appellation "du Tropique" n'est pas connue.

L'ancienne carrière souterraine haute d'une dizaine de mètres se termine par une ouverture assez large partiellement envahie par la végétation mais laissant entrer la lumière du jour.

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