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Inventaire général du patrimoine culturel en Picardie

l'Inventaire général du Patrimoine culturel de Picardie recense, étudie et fait connaître le patrimoine urbanistique, architectural et mobilier.

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Retour sur la journée du 13 octobre 2015 : publication des Actes, reportage photos

 

 

Le cimetière de la Madeleine (Amiens)

Mise en ligne du premier lot du recensement du cimetière de la Madeleine :

plaines A à K (emprise du cimetière 1817-1828), soit 531 dossiers.

Les plaines L à O (première extension du cimetière en 1828) et les plaines P et S (seconde extension en 1873), ainsi que trois dossiers de synthèse sur les monuments et le décor, seront mis en ligne en 2016.

Pour en savoir plus, voir le dossier de présentation ou les conditions d'enquête.

 

Lumière sur

Les moulins du Val de Nièvre

Le relief du territoire du Val de Nièvre, marqué par la rivière de Nièvre et ses plateaux très tôt cultivés, a favorisé dès le Moyen Age l'implantation de moulins à vent et de moulins hydrauliques. La plus ancienne mention concerne le moulin à vent situé à Berteaucourt-les-Dames, sur une colline au lieudit la Montagne, et érigé au début du 13e siècle par Thomas de Saint-Valery, seigneur d'Harondel (Berteaucourt-les-Dames), en même temps que le château qu'il fonde à la même époque. Mais il faut attendre le 18e siècle pour avoir une idée générale des moulins existants à travers les témoignages écrits et surtout la carte de Cassini de 1757, qui permet de les identifier et de les situer.

Les moulins à vent

La carte de Cassini indique la présence de six moulins à vent sur le territoire, répartis dans les communes d'Havernas, de Canaples, Saint-Léger-lès-Domart, Domart-en-Ponthieu, Fransu et Surcamps. Un peu plus tard, à la fin du 18e siècle, le nombre augmente pour atteindre jusqu'à trois moulins dans les villages de plateau, comme à Bouchon. A Flixecourt, deux moulins existent également au début du 19e siècle. Sur les treize moulins à vent recensés au début du 19e siècle, seuls subsistent partiellement le moulin de Mouflers à Bouchon (étudié), bâti dans la seconde moitié du 17e siècle, et le moulin Basile de Flixecourt, remontant à 1776 (Dictionnaire historique et archéologique de Picardie, p. 264). Ils sont les deux seuls exemplaires de moulins à structure maçonnée présents sur le territoire.

Les autres moulins étaient généralement des moulins sur pivot, en charpente et en essentage de planches. L'emploi de ce matériau en facilitait le démontage lorsque son activité était arrêtée, et explique la disparition complète de ce type de moulin. Avec l'amélioration des rendements apportés par les moulins hydrauliques, beaucoup d'entre eux cessèrent leur activité dans la première moitié du 19e siècle. Néanmoins, tout au long du 19e siècle, de nouveaux moulins à vent continueront d'être construits, en fonction des besoins, ou pour une quinzaine d'années seulement, à l'image du moulin Lenglet de Canaples, qui est construit en 1842 et finalement démonté en 1855. Les derniers moulins à vent cessent de moudre le blé au début du 20e siècle.

Les moulins hydrauliques

Établis le long des 17 km du cours de la Nièvre ou de ses affluents, les moulins hydrauliques sont un peu plus nombreux que les moulins à vent. Au milieu du 18e siècle, la carte de Cassini (1757) recense 14 moulins et 16 roues établis sur la Nièvre : deux moulins à Canaples, un moulin à Halloy-lès-Pernois, deux moulins à Pernois (dont le moulin du Soudet équipé de deux roues), deux moulins Berteaucourt (dont le moulin de l'abbaye et celui d'Harondel, qui possédait deux roues), deux moulins à Saint-Ouen, trois moulins à Flixecourt, et deux à L'Étoile, dont deux dépendant du prieuré de Moreaucourt. A cette liste, il convient d'ajouter le moulin du Clapet, qui se situait sur la Domart, un affluent de la Nièvre, entre Saint-Léger-lès-Domart et Domart-en-Ponthieu.

Les établissements les plus anciens remontent au Moyen Age, et sont généralement fondés par des abbayes. Le moulin de l'abbaye à Berteaucourt, fondé au début du 12e siècle, est d'ailleurs le plus ancien du territoire. Comme celui d'Harondel, créé au 13e siècle, il dépendait de l'abbaye bénédictine du lieu. Les deux moulins du prieuré de Moreaucourt à L'Étoile, attestés à la fin du 15e siècle, sont également directement liés à l'établissement religieux voisin. Les Moulins-Bleus, qui tirent leur nom d'un ancien moulin à guède (ou waide), qui broyait les feuilles de cette plante tinctoriale, cultivée dans la vallée jusqu'au 15e siècle, est aussi un moulin dont l'origine est relativement ancienne, et surtout un des rares qui ne soit pas destiné à la mouture du blé, au moins avant le 17e siècle. Car avec le déclin économique de la waide à la fin du 16e siècle, il semble que les Moulins-Bleus aient perdu leur usage primitif à cette époque et furent reconvertis en moulins à blé. Au 18e siècle, avec ses quatre roues hydrauliques, ils constituaient d'ailleurs l'un des plus importants centres de mouture de blé du territoire. Grâce à sa position à l'embouchure de la Somme, les farines pouvaient être expédiées sur la Somme vers Amiens ou Abbeville. Au début du 19e siècle, 80 % des moulins sont des moulins à blé. Seuls trois fabriquent de l'huile à partir du colza, du lin ou des oeillettes : le moulin Beaussart à Flixecourt, fondé en 1727 par Pierre Sainte, le moulin de Canaples, et le moulin des Marteaux, reconstruit en 1797 par Eusèbe Helluin à Berteaucourt-les-Dames. Par la suite, vers 1832, une des deux roues montées en parallèle au moulin du Soudet à Pernois est destiné à la fabrique de l'huile.

A l'exception de ce moulin et de celui de l'Abbaye à Berteaucourt, qui sont devenus deux grandes minoteries, fonctionnant durant toute la première moitié du 20e siècle, les établissements hydrauliques qui disposaient d'une force motrice importante, ont connu rapidement d'autres vocations industrielles que la mouture de blé. En 1824, les Moulins-Bleus, qui passent pour "l'une des plus belle usines de France", accueillent une petite filature de laine, dirigée par l'anglais Parott. Vers 1840, l'une des roues du moulin d'Harondel fait fonctionner une petite scierie, tandis qu'une autre partie de la force hydraulique est exploitée à partir de 1853 pour une autre filature de laine exploitée par l'industriel François Moinet. Enfin, en 1857, la même année où les frères Saint s'installent à Flixecourt, Aimé Blanchet reprend les Moulins-Bleus pour y installer une filature et un tissage de toiles de lin et de chanvre, fonctionnant également à l'énergie hydraulique. A partir de 1861, Saint Frères va s'intéresser de près à ces établissements industriels. Toutefois, à l'image du premier tissage de Flixecourt, l'entreprise délaisse l'énergie hydraulique au profit des machines à vapeur et construit ses ateliers en dehors des sites primitifs. Les anciens moulins d'Harondel, ceux de Saint-Ouen ou des Moulins-Bleus constituent toutefois les jalons de l'expansion industrielle Saint Frères dans la vallée. Seul le site des anciens moulins à blé, à huile et à tan de Flixecourt peut être considéré comme une exception. Rachetés par l'entreprise à la fin du 19e siècle, les moulins, qui avaient déjà cédé la place à une cartonnerie, perdent toute vocation industrielle au profit d'une importante cité ouvrière.

En 1905, malgré le développement des Saint Frères et l'abandon progressif des moulins à blé, quatorze moulins sont encore recensés sur le cours de la Nièvre. Le moulin du Soudet, qui a fonctionné jusqu'en 1963, est le dernier moulin à avoir fonctionné sur le territoire.

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